|

Les temps ont changé… Que ça soit sur Terre ou sur une autre planète civilisée. Elle est loin, l’époque de l’intolérance maximale… Celle des procès de Moscou, des têtes coupées, des procès expéditifs et des exécutions sommaires. Et lorsque la base la plus secrète de la planète est concernée, des règles morales empêchent aussi ce genre de pratique « inhumaine », même sur des ennemis extraterrestres sanguinaires. Le Goa’uld Pélops n’échappa pas à la règle. A l’image d’un martyr, le faux dieu fut traqué jusqu’au bout de la galaxie. A l’image d’un Ceausescu fuyant, il fut prisonnier et jugé par ses ennemis. A l’image d’un Stalinisme déclinant, son culte agonisa et son prestige vola en éclat. La seule chose qu’il manquait à cette histoire, la fin logique à tous ces évènements, aurait été la mort rapide et sans conditions de ce Goa’uld infâme. Pélops était un scientifique abominable, détruisant les vies humaines comme de vulgaires sujets d’expériences et condamnant des dizaines de peuples à vivre dans la peur, le mensonge et l’esclavage. Ce vendredi 2 juillet se tenait le procès exceptionnel de Pélops sur la planète Tollana. Plusieurs juges ont été convoqués dont les dirigeants tollans, quelques membres du haut conseil Tok’ra ainsi que Drey’ac, représentant du monde jaffa libre, puis trois terriens ayant une autorité importante au SGC : le Général O’Neill, le Colonel Narah et le Colonel Turner. Tous ces jurés ont tenu compte des preuves qui accusaient Pélops de meurtre abominables, d’esclavage, de pratiques scientifiques immorales et de corruption intolérable, ce que les grandes instances terriennes aurait sans doute pu qualifier de « crime contre l’Humanité ». Cependant, un tel chef d’inculpation ne fit aucun effet sur le Goa’uld en question. Lors des paroles prononcées pour sa défense, il n’y avait aucune culpabilité dans sa voix, aucune peur, aucune émotion tout court mis à part peut être un peu de regret… Celui de ne pas avoir tué assez d’innocents lors de son règne. Alors que le verdict final semblait évident pour les terriens, les votes à la fin du procès ont été la preuve d’un monde différent, d’une galaxie différente, changeant au cours du temps en essayant de retenir les leçons du passée. O’Neill, Narah et Turner ont voté pour la peine de mort contre Pélops, tout comme Drey’ac. Mais les Tok’ras, le regard neutre et soucieux de la vie de l’hôte, ont refusé d’exécuter le Goa’uld avant d’avoir essayé d’enlever le mal qui habitait le corps d’un innocent, une procédure lente et pas toujours réussie, menant souvent à la mort de l’hôte, suite à l’envoi d’une toxine mortelle par le symbiote. Quant aux tollans, les preuves et les faits annoncés par la cour font partis d’un système féodal primaire et courant chez les Goa’ulds. Ils ont été très attentifs à la défense consacrée à Pélops et selon eux, le faux dieu n’a fait que perpétrer des traditions barbares crées bien avant le début de son règne. Il n’était pas le premier responsable de ses crimes, paraissant tout à fait normaux et naturels aux yeux d’un Goa’uld qui avait vécu dans un contexte similaire lors de l’apogée de l’Empire de Râ ou d’Hathor. Pélops a agit dans la continuité des atrocités de ces anciens maîtres et idoles. Il mérite d’être puni, mais l’exécution serait aux yeux des Tollans une pratique tout aussi barbare et trop sévère pour ce Goa’ud. De plus, il devait servir d’exemples et être utilisé afin que de tels évènements de ne se reproduise plus. Seulement, les terriens ne sont pas de cet avis. Beaucoup moins naïfs et sensibles au visage d’innocent de Pélops, Narah et Turner affirment qu’aucun peuple ne vivra en paix tant que des faux dieux seraient en vies. O’Neill partage cette idée et va encore plus loin, déclarant que Pélops devait être pendu ou exécuté publiquement afin de montrer à tout le monde qu’un dieu pouvait mourir. Leurs idées étaient contraires à celles des tok’ras et des tollans. Après un gros débat durant une semaine complète, les représentants tauris claquèrent la porte et mirent fin à leur participation à ce procès.
« C’est une honte. » Déclare Turner, énervé d’avoir perdu son temps avec eux.
« Et voilà comment un monstre continue de vivre… Sous une pluie de bons sentiments naïfs et ignorants. » Ajouta O’Neill d’une voix agacée.
« C’est d’la merde, on aurait jamais du faire ce procès ! » Finit par envoyer Narah avant que les trois terriens ne rentrent au SGC, condamnant fermement les décisions prises par la tok’ra et les tollans de laisser Pélops en vie bien que celui-ci soit toujours prisonnier… Mais Narah est formel, une prison ne retiendra pas éternellement ce Goa’uld. Il n’y a qu’une solution pour régler son cas, une solution radicale mais claire. A force de vouloir bien faire et être juste, les « alliés » des terriens sont passés à côté de ce procès, épargnant un des pires tyran de cette galaxie. Depuis, Pélops a été envoyé en cellule dans un bâtiment tollan hautement surveillé, en attente d’être transporté vers un monde tok’ra pour tenter une extraction du symbiote. Les relations entre la Terre et ses alliés ont été grandement compromises, tant leurs opinions sur le plan juridique et moral divergent entre eux.
« Elle est loin, l’époque de l’intolérance zéro… » Conclut le Général O’Neill en entrant dans son bureau, frustré et écœuré par un tel procès.
Le mois prochain, découvrez une nouvelle anecdote plus en couleur et plus gaie dans Procès du mois…
By Jack O'Neill
|